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Sortie « Bunker » : Virginie YASSEF

Le dernier point de la visite fait assez brutalement contraste avec l’environnement minéral du complexe de la grotte.

Il s’agit d’une construction de parpaings maçonnés qui fait office de sas de sortie venant conclure le parcours de la visite. On accède à cette boîte rectangulaire par un chemin qui remonte depuis le grand promontoire jusqu’à la salle du chaos pour replonger ensuite par un escalier jusqu’au niveau de la route et de la rivière. Cette construction des années 50 fait penser à une sorte de bunker enchâssé dans la grotte. Il offre toutefois une dernière perspective spectaculaire en contre-plongée sur la salle du chaos qui semble s’effondrer sur le visiteur. Cet espace représente aussi une sorte de sas de sortie et annonce le retour vers le monde extérieur.

Artiste

Virginie Yassef

Le travail de Virginie Yassef se développe à partir du déplacement, celui de ses voyages (en Chine, aux Etats-Unis, en Laponie…) et celui qu’elle propose aux spectateurs de ses installations. Utilisant la vidéo, les objets qu’elle détourne et auxquels elle impose des variations d’échelle ou de texture, Virginie Yassef met en doute nos repères géographiques, spatiaux et temporels pour créer des fictions à la fois drôles et cruelles.

Etrange voyage au pays des jouets, comme le dit Giorgio Agamben dans « Enfance et Histoires », les récits fantastiques de Virginie Yassef s’appuient sur une réalité du monde quotidien : la coupe du monde de football, un terrain en construction en Chine, des installateurs de câblages électriques. Ils deviennent par la magie du cadrage, les éclairages de fin de journée ou les angles biaisés de la caméra, des figures simiesques grimpées sur les réverbères, une monstrueuse machine attaquant la ville, des diables surgissant aux abords de l’autoroute. Comme chez Robert Smithson, l’archéologie et la science fiction se rejoignent dans une forme de création entropique qui nargue les procédés narratifs habituels. On pourrait citer encore Claude Ollier et ses systèmes de construction qui mettent en scène les objets quotidiens.

Les œuvres de Virginie Yassef proposent aussi une participation du public : des tongs colorés à disposition à l’ARC-Musée d’art moderne de la ville de Paris, un sol qui éclate sous nos pas (la galerie recouvertes de papier « bulles »), ou joue avec lui en le surprenant (une porte entr’ouverte qui nous claque à la figure, un mur escamotable qui s’ouvre si l’on s’appuie sur une de ses briques….autant de « pièges à l’œil » qui induisent une maîtrise des techniques de fabrication proches des machineries théâtrales, mais aussi une volonté de proposer des temporalités de regard et de parcours qui dépassent la contemplation.

Le projet

© Visuels Caza d’oro - Virginie YASSEF