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Salle du chaos : Jean-Luc PARANT

Ce quatrième espace du parcours est à la fois le cœur et la plus grande salle de la caverne avec une surface +/- de 600 m² et des hauteurs de plafond culminant par endroits à près de trente mètres de haut.

On découvre cette salle par un balcon qui offre une vue plongeante assez spectaculaire sur une sorte de cirque fermé. Cet espace volumineux est occupé par d’imposants rochers résultants de coulées ou d’effondrements, ce qui lui donne l’aspect d’un chaos parsemé de plateformes à travers lesquelles serpente le chemin du parcours. L’aspect chaotique et labyrinthique de cette salle est renforcé par les perspectives ascendantes et descendantes que tracent les rampes de ce chemin (un peu à la manière d’une gravure de Escher).

Artiste

Jean-Luc Parant né en 1944 à Tunis, vit et travaille dans le sud de la France.
Poète et artiste, il écrit des textes sur les yeux et il fabrique des boules. "J’écris des textes sur les yeux pour pouvoir entrer dans mes yeux et aller là où mon corps, ne va pas, où je ne suis jamais allé avec lui, où je ne me rappelle pas avoir été touchable. Pour aller là sur la page, dans ma tête, dans l’espace. Je fais des boules pour pouvoir entrer dans mes mains et aller là où mes yeux ne vont pas, où je ne suis jamais allé avec eux, où je ne me rappelle pas avoir été visible. Pour aller là dans la matière, dans mon corps sur la terre. J’ai rencontré ma femme qui avait alors quatorze ans et que j’ai tout de suite appelé Titi, elle m’écrivit tant de fois « je t’aime », dans des lettres, sur des cahiers, qu’elle finit par le tracer sur des feuilles de papier puis le peindre sur des toiles jusqu’à en faire une œuvre."

Créateur de la Maison de l’art vivant, il est l’auteur d’une centaine de livres. Il travaille sur tout ce qui touche aux sphérités. Il expose ses œuvres, entre autres, à la fondation Maeght, au centre Georges Pompidou ou encore au Musée d’art moderne de la ville de Paris. Il est marié à la plasticienne Titi Parant dont le travail est indissociable. Titi et Jean-Luc Parant ont pendant de longues années mené un travail commun. Complicité, partage, tout le travail de Titi Parant est un dialogue constant avec celui de Jean-Luc, les dessins et les lettres de Titi « s’accouplent » aux boules et aux poèmes de son compagnon, faisant que vie et création artistique se confondent totalement chez cette artiste.

Le projet

Le projet de Jean-Luc Parant se situe dans la partie « éboulis » de la salle du chaos dont il va utiliser et redoubler la configuration en concevant un tapis de milliers de boules de terre descendant vers la rivière et sur lequel seront réparties différentes sculptures animalières ou autres. L’artiste envisage de créer spécialement pour l’occasion une effigie hybride qui sera inspirée par les lieux.

La proposition d’installation consiste en un éboulement de boules en terre cuite envahi d’animaux imaginaires fabriqués en collaboration avec la personne chargée de réaliser les reconstitutions (moulages) de dinosaures du Mas d’Azil (cette fabrication sera-t-elle possible ?).
Combien d’animaux ? Une douzaine serait l’idéal, du plus grand au plus petit (tous inventés). Car les animaux se différencient par la taille de leur corps. À chaque changement de taille de l’animal correspond un changement de forme. Douze animaux tous différents : du plus grand au plus petit, et passant d’un animal à un autre.
Quelles tailles ? De la taille d’un castor (pour le plus petit) à la taille d’un cheval (pour le plus grand). Une espèce de galerie de l’évolution (comme au muséum d’histoire naturelle) entre dans la grotte.
Tous ces animaux se répartissent aléatoirement (chaotiquement) dans l’éboulement de terre cuite qui se déverse comme une coulée de lave parmi les éboulis de rochers de la salle du chaos.

© Visuels Jean-Luc PARANT