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Salle Mandement : Julien BLAINE

La huitième zone du parcours et de l’exposition représente le second plus vaste espace de la grotte.

Il s’agit d’une salle plus longue que large d’une surface de +/- 500 m² au sol de terre battue et couverte d’un plafond assez bas s’évasant progressivement. Sur ses côtés, elle est dotée de plusieurs départs de galerie ou renfoncements formant des sortes d’alcôves. L’une de ces galeries contient les plus belles représentations gravées et sculptées de la période magdalénienne avec un étonnant portrait d’homme à barbiche et un bouquetin. Sont aussi restés en place des os d’ours et de mammouth provenant des niveaux supérieurs et mis au jour par Joseph Mandement. Les aménagements effectués dans les années 1940 (surbaissement du sol, murets de soutènement) étaient destinés à recevoir un atelier de mécanique aéronautique. Cette salle est aussi caractérisée par le ballet des chauve-souris qui colonisent le plafond.

Artiste

Julien Blaine
Pour Julien Blaine, (poète, performeur et artiste plasticien) effectuer une résidence de création et de recherche au Mas- d’Azil était une nécessité. Après avoir étudié l’écriture de l’Aurignacien supérieur (35000 BP), il lui paraissait évident de poursuivre, comme il le précise non sans humour, son exploration de "l’art et de l’écriture contemporaine". C’est-à-dire l’art Magdalénien et Azilien (entre 12000 et 9000 BP) ! En particulier à partir des fameux "galets peints" du Mas-d’Azil. L’artiste a même trouvé une sorte de résolution poétique au mystère de ces galets en leur associant du texte. Selon certains préhistoriens les galets recouverts de tracés géométriques et d’empreintes digitales auraient pu être des sortes de monnaies d’échange ou des supports de message codifiés. Peut-être aussi l’une des premières formes d’écriture que Julien Blaine « décrypte » en jouant de cette forme d’intuition " naturelle " qui lui est propre et qu’il réactive à travers son art.
Avec ces travaux, il a opéré une sorte de jonction " transhistorique " entre l’Aurignacien, l’Aziléen et notre époque contemporaine en démontrant qu’un geste, une présence, ou une existence préhistorique pouvait garder toute sa validité et son universalité aujourd’hui. C’est ainsi que l’art peut rejoindre l’un des enjeux essentiels de la recherche en préhistoire.

Le projet

La salle Mandement qui sera dénommée Salle des Chamans pour le temps de l’exposition verra aussi la participation de plusieurs artistes dont Julien Blaine répartis dans les différentes zones d’alcôves et de renfoncements qui bordent la salle.