Site intercommunal >>

Guillaume Pinard

(né en 1971 à Nantes – Vit et travaille à Toulouse)

Dans ses films d’animation, Guillaume Pinard fait évoluer son personnage fétiche Con-con : un petit personnage dessiné simplement, sans caractéristiques physiques particulières, sans consistance personnelle, protéiforme et malléable. L’antihéros des aventures que concocte l’artiste vit dans un monde d’archétypes déroutés avec humour et sadisme : « Con-con est un personnage schématique, sans histoire ni généalogie, je considère son corps comme une phrase, constitué de mots interchangeables, modulables à l’infini […] J’ai choisi le préfixe français "con" qui signifie "ensemble". On ne me demande jamais pourquoi j’écris Con-con avec un tiret de séparation mais c’est pour cette raison. Con-con est d’abord un super préfixe, un super ensemble. Un espace de catalyse. »
Con-con est un pervers polymorphe, secoué par un besoin crispant et inaltérable de tester ses limites et les nôtres sous un aspect mignon. Il se tire une balle dans le pied, s’électrocute, triture son sexe avec un couteau, détruit son double, se transforme en monstre ou en chat. Il est féroce, redoutable, double, trouble et souvent animé des visées les plus scabreuses.
Dans ses films, Guillaume Pinard utilise une esthétique enfantine qui raconte des traumatismes d’adultes et l’utilisation de l’ordinateur lui permet de créer un trait froid, machinique afin d’évoquer des situations pulsionnelles.
Le dessin constitue l’autre grande partie de son travail artistique. _ Empreints d’un imaginaire sombre, ses dessins nous emmènent vers un répertoire de visions oniriques qui sont comme autant de points de départ possibles à d’hypothétiques fictions, contes ou fantasmagories psychotiques.
L’univers de l’artiste, dans ses films ou ses dessins, est marqué par des expérimentation en tous sens, une sexualité décapante, des mutilations permanente, des mutations transgéniques incessantes et un dérèglement systématique de tous les mécanismes.