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Philippe Mayaux

(né en 1961 à Roubaix – Vit et travaille à Montreuil)

Assurément duchampien, Philippe Mayaux manie le calembour, et déploie des trésors de raffinement dans le mauvais goût et le scabreux. Mais que l’on ne s’y trompe pas : la gratuité n’est pas de mise.
L’artiste fait de sa peinture un chapiteau d’illusions à la mesure de notre besoin de croire, de rêver, d’être bluffé, séduit ou roulé dans la farine.
Grand adepte de la science qui amène jusqu’à la fiction, Philippe Mayaux crée des lampes en forme de mamelles, des godemichés pour lilliputiens, un char Panzer rose ou assemble des Chimères aux titres qui désamorcent le premier effet de galerie tératologique : T’as du feu ? (Un gorille à corps de cheval demande du feu à un cheval à corps de gorille), Pas sirène que ça ! (Une baleine dont le corps est constituée de jambes féminines), Zootoutou (gentils), Zootoutou (pas gentils).
A travers cet inventaire singulier, l’artiste met en place une collection désordonnée, qui échappe à tout contrôle et à toute logique. Dans son œuvre, le monde n’est pas une harmonie paisible voulu par Dieu ou la nature, mais bien plutôt une grande bouffonnerie informe.
Son univers hoquetant, bigarré et décentré pourrait être un monde déficient, en manque de cohérence. Ce côté non viable se présente comme une occasion sans cesse renouvelé de coordonner les éléments les plus divers, d’opérer des raccords sans pour tant mettre en place une hiérarchie.
Cette variété indifférente à toute logique cohérente ne prétend à rien d’autre qu’à quelque chose de très drôle et de paradoxalement sérieusement inquiétant.

© photo evene.fr