Site intercommunal >>

DELPHINE GIGOUX-MARTIN

Née à Chamalières en 1972.
Vit et travaille à Clermont-Ferrand, France.

Delphine Gigoux Martin réalise des installations sculpturales, à partir de la taxidermie animale et de matériaux naturels, où viennent souvent s’ajouter, sorte de motifs réactivés de la grotte rupestre, des projections de dessins d’animation. Le statut animalier détourné, la nature végétale retournée, ses fragrances, contribuent parfois à épaissir le propos de sa recherche sur d’autres perceptions comme l’odorat, le goût apprécié de la chair du gibier et les arts de la
table. L’opposition nature et culture, la trouble et double différenciation animale / humaine, le déchet organique poétisé (et non pas recyclé par la froide raison économique écologique moderne), un enchantement d’étrangeté, le déterrement de sens atrophiés, valident autant de pistes dans la lecture d’un travail qui se refuse à trop de lisibilité.
L’œuvre présentée dans le bunker pour HabitéR fait suite à sa propre expérience des boyaux ornés de la grotte du Mas d’Azil, quand elle a conçu « Voyage autour de mon crâne » en 2009 pour DreamTime.
En 2011, elle reprend la seconde partie de l’œuvre qui avait été montrée aux Abattoirs. Suite à plusieurs visites avec les archéologues, l’artiste a pu envisager un projet totalement inédit, issu de la rencontre du dessin préhistorique et du dessin contemporain, le sien
en l’occurrence, qu’elle a pu exceptionnellement projeter et re filmer à même la paroi du rocher. S’inspirant des peintures et des gravures observées dans la grotte, elle a demandé à un danseur de mimer des postures animales, dans d’étranges chorégraphies, recomposées image
par image en dessin animé. Trois séquences ont ainsi été réalisées et projetées sur la paroi défoncée. En index, deux moniteurs montraient les mêmes images projetées dans la grotte en interaction avec les tracés magdaléniens. C’est dans l’une de ces séquences, que le
spectateur attentif peut remarquer le fameux portrait de la galerie dite du masque. Il s’agit de l’une des rares figurations humaines que l’on trouve dans tout l’art rupestre magdalénien. En hommage à son auteur, et aussi à l’esprit sans doute représenté, Delphine Gigoux Martin a
convoqué ces figures dans sa composition monumentale où l’on retrouve cette mystérieuse effigie de l’homme barbu qui donne son visage au danseur fantomatique.

©Delphine Gigoux Martin