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JEAN-LUC FAVERO

Né en 1969.
Sculpteur.

« Je m’interroge sur le poids, la grosseur que l’on a pris dans le temps avec tous les biens matériels qui nous entourent. Nous sommes devenus extrêmement lourds. Je pèse déjà une voiture, plusieurs machines à laver, etc. Je ne peux vivre dans ce milieu sans le questionner comme mon ancêtre questionnait les parois de la grotte préhistorique. Mais vivre c’est
s’adapter à son milieu, au matériel, à la propriété, à tout ce qui nous fait aujourd’hui poncer, polir ou tondre.
En fait je cherche à donner d’autres formes à des actions et à des fonctions. D’où le lien, dans mes derniers travaux, au quotidien, au domestique, au ménager, à la vie de couple aussi. Il y a un nouveau mariage entre l’homme et la machine. Jusque là, la machine était adaptée à
l’homme. De plus en plus, c’est l’homme qui doit s’adapter à la machine. Je veux voir ce que cette situation peut créer comme chimères et quel nouveau centaure va naître de notre condition contemporaine. Si l’on est vraiment vivants, l’on se doit de créer une nouvelle mythologie pour donner un sens à tout ça. C’est pourquoi je me nourris de tous les moments de la vie quotidienne. J’aime les mots « domestique », « ménage », « ménager » et leurs glissements.Ce qui crée chez moi une sorte de ménagerie, par un retour à l’animal dans des formes zoomorphes »

Jean-Luc Favéro
(extrait d’un entretien avec Philippe Ségur)