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ELSA SAHAL

« Les pensées suceuses de formes dans les formes suceuses de pensées » Picasso

Elsa Sahal est née en 1975. Formée aux Beaux-arts de Paris, avec notamment Erik Dietman comme professeur de sculpture, son œuvre fait la part belle à l’imaginaire et la fantaisie.
Ses sculptures sont réalisées avec une matière rigoureuse, la céramique, qui exige autant de combats techniques que d’heures de cuisson… Mais l’artiste nous fait oublier ces contraintes inhérentes à la terre cuite et donne naissance à des pièces à la fois charnelles et sauvages, qui sont comme des rébus visuels sans solution définitive, dont le sens profond reste toujours voilé.
Elle crée des sortes d’organismes non identifiés, aux profils interlopes qui possèdent de troublantes anatomies, souvent fortement connotées sexuellement.
Formellement complexes, les sculptures d’Elsa Sahal sont à mi-chemin entre le végétal, l’animal, le minéral et le culturel ; à la fois repoussantes et fascinantes, elle emploie deux termes pour
qualifier ses céramiques : « dégoulinant » et « érectile ». Dès lors, nous ne sommes pas loin des conceptions de Bataille sur l’informe mais aussi sur l’érotisme.
C’est comme si l’artiste oscillait entre une volonté de montrer le corps fragmenté, dont certaines parties sont mises en avant de manière excessive, et celle d’opérer un total syncrétisme. Ce
qu’il ressort de ces opérations est que l’image qu’elle nous donne à voir se place dans un espace mental incertain entre abstraction et figuration, dont la nature reste difficile à cerner.
Elle opère une mise en espace du corps et de sa perception, tel que Hans Bellmer par exemple pouvait l’envisager lorsqu’il évoquait l’inconscient physique, c’est-à-dire l’existence d’un monde
physique inconnu dans lequel le corps apparaît plus fabuleux qu’il ne l’est dans la réalité.
Elsa Sahal façonne des êtres hybrides, donne naissance à une nouvelle race, comme Prométhée qui créa la race des hommes en les façonnant d’eau et d’argile, faisant en quelque sorte œuvre de céramiste.

Pour HabitéR, Elsa Sahal a sélectionné quelques unes des ses œuvres récentes, dont les fameux autoportraits en forme de grotte, qui retrouveront une présence tout à fait singulière dans les
galeries du parcours.